Pesticides : Nutréa/Triskalia, condamnée à indemniser des ex-salariés empoisonnés, mais les coupables courent toujours

, par  Yanael Guilloux

Nutréa, filiale de Triskalia vient d’être condamné à indemniser 2 ex-employés empoisonnés.
Mais les empoisonneurs sont toujours en liberté, sans aucun contrôle.

Le 22 septembre, 6 et 7 ans après les faits, le tribunal des affaires sociales (TASS) de Saint-Brieuc a condamné Nutréa, filiale de Triskalia, à indemniser deux anciens salariés intoxiqués par des pesticides.
Nutréa versera 101.750 € à Stéphane Rouxel et 111.190 € à Laurent Guillou.
« C’est la première fois en France qu’un tribunal indemnise des salariés victimes des pesticides », indiquait, dans un communiqué, en prenant connaissance de la décision, le syndicat Solidaires Bretagne qui a soutenu, tout le long du marathon judiciaire, les ouvriers qui réclament des comptes aux empoisonneurs.
Mais, cette somme est très inférieure au préjudice réel (leur préjudice avait été chiffré à plus de 460 000 euros) et ne tient aucun compte du négationnisme de Nutréa/Triskalia.
Leur maladie, lourdement invalidante (hypersensibilité à tous les produits chimiques) s’était déclarée suite à leur intoxication par des pesticides les 8 mai 2009 et 15 mai 2010, sur leur lieu de travail, à Plouisy (22).
Sont-ils déclarés inaptes par la médecine du travail ? Les patrons les licencient comme des malpropres.
Les voilà donc aux prud’hommes.
La MSA donne-t-elle son accord pour reconnaître le caractère professionnel de l’intoxication ? Les patrons de Nutréa refusent..
Les voici obligés de saisir le TASS. Lequel estima, le 11 septembre 2014, qu’empoisonner des employés pour faire des économies d’électricité peut être qualifié de « faute inexcusable », avant de compléter ce jugement le 22 septembre.

Pour avoir retenu (la justice dit « séquestré » !) pendant 30 heures, 2 membres de la direction de Goodyear qui avaient annoncé la fermeture de l’usine (et le licenciement de 1 142 salariés), huit anciens salariés ont été condamnés à 24 mois de prison, dont 9 ferme, en janvier 2016, 2 ans après les faits, et ce, alors que les « séquestrés » à l’instar de la direction de Goodyear avaient retiré leurs plaintes.

Pour un portail forcé et deux chemises arrachées, après l’annonce de la suppression de 2 900 postes, 15 salariés d’Air France présumés coupables, ont été déférés au tribunal correctionnel moins d’un an après les faits.

La justice sait établir ses priorités. Et puis, les maladies, les morts, provoquées par les pesticides, ce n’est ni bruyant, ni spectaculaire.

Donc, côté pénal, depuis 8 ans, la direction de Triskalia - Nutréa, dort tranquille. Et ce n’est pas le jugement du TASS qui va lui donner des cauchemars. Qu’est-ce que 200000 € au regard de ses bénéfices ?

Ils disent

Côté fiction : Pierre GOS directeur général de Nutrea

« Dans le Grand Ouest, 1 vache sur 5, 1 lapin sur 2, 1 poulet sur 10 et près de 800 élevages porcins sont alimentés par Nutréa. » (...)
« Nutréa accompagne toutes les filières d’élevage du Grand Ouest notamment : ruminant, porc, volaille, lapin, cheval. »
Bon appétit !

Et Triskalia inventa l’agriculture écologiquement intensive

Côté Alice au pays des merveilles : Georges Galardon, président de Triskalia

« Lancée en 2013, Planète Positive est la démarche qui réunit toutes les actions de Triskalia pour relever les défis du monde agricole, grâce à l’agriculture écologiquement
intensive (AEI) et au développement durable. La démarche et les solutions proposées par Triskalia dans le cadre de l’A.E.I. et du développement durable agissent de manière positive sur la planète.
 »
Source [1]

Du côté de la réalité : Des ex-employés témoignent (à 17mn 30s) chez Denis Cheyssou (CO2 mon amour) [2]

« Tout le monde a eu son petit cancer... Beaucoup sont partis [3], ce qu’on a subi là sont des actes criminels »

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