Le maire de la Chapelle neuve : « Lors de l’exploitation minière, des produits chimiques très dangereux seront utilisés, surtout du mercure. »

, par  Mo

Le 4 avril 2015, le directeur de Variscan Mines déclarait dans Le Télégramme à propos de la réunion du 9 avril, à la préfecture : « Il s’agit une réunion d’information fixée par le ministère en présence des élus et des parties prenantes. On va expliciter l’ensemble des projets. Je veux informer sur ce qu’est l’exploration »...
Il avait tout faux.

Il n’y avait que des élus et le ministère à la réunion et aucune partie prenante, pas plus Variscan que les habitantEs, dont certainEs attendaient devant la Préfecture.

La majorité des éluEs n’y trouva rien à redire : Ils s’enfuirent comme des voleurs en sortant des quelques 2h30 de réunion. D’autres refusèrent carrément de répondre : Circulez, y a rien à voir !
SeulEs, une poignée d’éluEs prit quelques minutes de son temps pour raconter succinctement ce qui s’était dit, dans l’antre de l’Etat.

Le lendemain, au Conseil municipal la Chapelle-neuve, Jean-Paul Prigent, le maire, prit ses notes pour improviser un compte-rendu de 18 mn, émaillées de plaisanteries de l’assistance, de rires et de questions.

Seuls l’exposé et les réponses du maire sont retranscrits ci-dessous.

Sous la présidence de M. le préfet, le représentant du ministère nous a brossé un état des besoins en métaux, énergies renouvelables, tout ce qui est cadmium, germanium,..., puis il nous a présenté en l’état le code minier et la réforme en cours, sachant que, concernant le PER, le permis de recherche, ce sera l’ancien code qui s’appliquera et non pas le nouveau. Le nouveau code minier s’appliquera au permis d’exploitation, si exploitation il y a.

Tout ce qui concerne les carrières, c’est le propriétaire qui décide de l’exploitation ou non, après enquête publique, en ce qui concerne les mines, c’est du domaine de l’Etat, c’est l’Etat qui décide. Toutes les enquêtes et tous les travaux sont menés sous l’autorité préfectorale.

Le PERM de Silfiac a été accordé [1], celui de Loc-Envel est encore à l’étude dans les différents ministères concernés. Il y aujourd’hui des examens de complétude demandés, des mises en concurrence faites, même si Variscan mines est aujourd’hui l’opérateur sur le dossier.

3000m de profondeur

Ensuite, un avis sera donné par le code général des mines, ceci concerne l’exploration et la recherche, permis valable de 3 à 5 ans maximum. A ce stade, on nous a rassurés sur la non utilisation de cyanure, de mercure, de tout cela, sur l’exploration, c’est bien du forage, avec une part de carottage, qui peut aller jusqu’à 3000m de profondeur, avec une remise en état chaque forage : ils rebouchent, couche par couche, même procédé que pour les forages d’eau, chaque couche géologique, tout est pris en compte, l’emplacement, Natura 2000 [2]

Ensuite, si tant est que ce permis d’exploration est accordé, il peut être attribué une concession pour exploitation qui ramène à un autre permis pour une période allant de 25 à 50 ans. Il relève toujours de l’autorité préfectorale suite à une étude d’impact des travaux et un fond de garantie mis en place pour remettre tout en état, c’est une condition préalable, ce sont des fonds bloqués.

Ensuite, il y a une étude sur les capacités techniques et financières de la société qui veut obtenir la concession de l’exploitation sur sa capacité à faire face à la remise en état. Les conditions sociales, environnementales, fiscales de l’entreprise rentrent aussi dans le dossier.

Comité local de suivi

Les réformes du code minier prévoient certaines évolutions. Le nouveau code qui n’est toujours pas validé, prévoit la mise en place d’un comité local de suivi. Bien qu’il ne soit pas encore obligatoire, il a quand même été mis, sur décision préfectorale dans le cadre du permis déjà accordé [3].

Ce comité local de suivi associera les associations de protection de l’environnement, des personnes concernées par l’exploitation, des représentants consulaires qui peuvent participer et vérifier les bonnes pratiques de l’exploitation...

L’impact environnemental devient primordial dans le nouveau code minier, chose qu’il n’est pas aujourd’hui, une convergence vers les installations classées, ce qui n’est pas le cas non plus aujourd’hui.

Des « mines responsables »

La rénovation de la gestion pré et post exploitation serait imposée par le nouveau code minier, qui s’appelle “projet de mine responsable”, avec des bonnes pratiques environnementales, sociales, fiscales. Mise en place d’un livre blanc.

Ils peuvent forer tout droit, ou en diagonale, sous les zones protégées. On nous a assuré que, dans le cadre de l’exploration, il n’y aura pas de fragmentation, ni utilisation de cyanure, ni de mercure, ni de produits dangereux. Bien sûr, il y aura des nuisances.

Par contre, dans le cadre de l’exploitation, après extraction des matières, un certain nombre de produits chimiques très dangereux seront utilisés, notamment et surtout du mercure.

Malformations dues au mercure (Minamata)

Voila l’information que je peux vous donner, la plus sincère possible.
Il y avait des oppositions dans la salle, et aussi des gens qui disaient après tout pourquoi pas, avec un certain nombre de sécurités, de protections, notamment des services de l’Etat.

On a abordé la question de l’emploi, notamment sur question de Mme la députée. Si tant est qu’un permis de concession est accordé, il y aura mise en place de formations spécifiques pour trouver des gens qualifiés sur le territoire. Aujourd’hui, il n’y a pas de formation qualifiante concernant l’exploitation minière dans le grand ouest, ni en France.
Oui, il a été question de l’emploi, mais avec aucun engagement car aujourd’hui, on ignore s’il y aura exploitation et sur quelle superficie. Alors, tout est automatisé, mais il y a quand même une demande de personnel qualifié, des conducteurs de grues...

Les dégradations de voirie entrent dans le cadre du permis de concession.

Il n’y aura pas de forages dans toutes les communes mais de quelques forages pour vérifier. Ils ont fait une cartographie aux ultrasons et, à mon avis, ils savent très bien où trouver ce qu’ils cherchent.

J’attends avec impatience le compte rendu [4] de la réunion.

[1Erreur, c’est celui de Mérléac qui a été accordé, celui de Silfiac est aussi “à l’étude”

[2Pas de chance pour les habitants de la Chapelle neuve, de Plougonver, de Loguivy-Plougras, de Plougras, de Gurunhuel, exclus de l’extension de la zone Natura 2000. Il semblerait que les exploitants agricoles aient voix prépondérantes dans le classement et ceux de ces communes auraient, quasi unanimement, tout récemment, rejeté l’extension de la zone Natura 2000. Ils ont refusé la protection des oiseaux, accepteront-ils les mines ?

[3Merléac

[4du Préfet

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