Pour Jack Testard, président de Variscan Mines, les Bretons seraient-ils moins coriaces que les Turcs ?

, par  ForumCitoyen22

Faut-il croire le président de Variscan mines quand il nous assure que les mines de Bretagne créeront des emplois et ne pollueront pas ?
Quand il était directeur d’Eurogold, il avait fait les mêmes promesses aux habitantEs de Bergama (Turquie).
On sait comment cela s’est terminé...
Si le crime contre l’écologie et l’environnement était inscrit dans le code pénal, assurément, Jack Testard mériterait perpet’.

Jack Testard

Dans un entretien avec Marine Jobert-, pour le journal de l’environnement, le 22 janvier 2014, Jack Testard décrit les mines qu’il nous promet : « Il n’y a pas de pollution des eaux, pas de perturbation du paysage, ni des gens et elle crée de l’emploi. »
Il s’exclame : « Nous sommes porteurs des mines du futur. »

Pourtant, Bergama, c’était hier ...

Les quelques 60 000 à 70 000 habitantEs de la région de Bergama, en Turquie, l’ancienne cité antique de Pergame (en grec Πέργαμον / Pérgamon, « citadelle ») vivaient tranquillement sur ses avantages touristiques et archéologiques, ainsi que sur ses richesses agricoles (culture du coton, du tabac, des olives, des tomates), quand une société de prospection d’or, Eurogold, filiale du groupe LaSource, arriva, pleine de promesses de créations d’emploi et de prospérité. Les autorités lui firent un très bon accueil.

Théâtre antique
Acropole
Bergama- vue aérienne.
Au sud, le théâtre antique

Lorsque la population constate une pollution massive au cyanure utilisé dans le processus d’extraction de l’or, elle déchante.
En outre, Eurogold n’a créé que 117 emplois dont 90 occupés par des étrangers.
Pendant ce temps, l’emprise de la mine s’étend sans cesse sur le terroir. Au début du mois d’octobre 1996, les cultivateurs stupéfaits assistent à l’arrachage de 3000 pins et 1500 oliviers.

Et qui dirige Eurogold en octobre 1996 ?
Notre ami Jack Testard, celui qui nous veut du bien.
Jack Testard est directeur général d’Eurogold depuis janvier 1995

Le saccage des pins et des oliviers ajouté à la pollution au cyanure finit d’exaspérer les habitanEs. Le 15 octobre, ils coupent la route d’Istanbul à Çanakkale pendant six heures.
Le 23 décembre 1996, ils défilent dans les rues de Bergama en criant « Eurogold va-t-en ! », « Non à l’or cyanuré ! », « Bergama ne sera pas l’Afrique ! » et encore « Ne te tais pas ! Si tu te tais viendra la mort par le cyanure ! » ; les femmes tiennent un rameau d’olivier, les hommes, torse nu, distribuent des tracts aux passants.

Au printemps 1997, fortEs du soutien de soixante organisations fédérées dans une « Plateforme pour la protection de l’environnement » , les protestataires de Bergama organisent une action spectaculaire.
Le 22 avril, dès trois heures, entre deux et six mille personnes, selon les sources, hommes, femmes et enfants, venues de 17 villages, avec cinq cents tracteurs, envahissent le site d’Eurogold, après avoir coupé les lignes téléphoniques, forcé l’entrée principale et ouvert un autre passage dans les clôtures de barbelés. Les employés d’Eurogold auraient tenté d’arrêter les manifestantEs en tirant des coups de feu en l’air, ce qui ne les a pas impressionnéEs : « Si on doit mourir du cyanure, autant mourir sous les balles ».

Les commerçants de Bergama participent à l’occupation du site en fournissant du ravitaillement aux manifestants.
Victoire. L’exploitation est provisoirement arrêtée.
La trève est de courte durée. Les patrons d’Eurogold n’ont que faire de l’opinion de la population.
Le 28 juin 1997, quatre mille personnes manifestent devant la mine. Le 1er juillet 1997, le site est cerné par les tracteurs, des machines sont détruites, des bureaux saccagés.
Fin juillet, le conseil des ministres promet que l’exploitation va cesser. Le tribunal administratif d’Izmir, déclare l’exploitation de la mine contraire à l’intérêt public.
Eurogold passe outre. L’exploitation continue. Les manifestations aussi.
Le 26 août, 250 manifestantEs de Bergama investissent un « monument national », le Pont du Bosphore, à Istanbul et s’enchaînent au garde-fou.
« L’Etat a jusqu’au 21 novembre pour appliquer la loi et fermer la mine, après quoi les gens ont averti qu’ils la fermeront eux-mêmes », prévient le maire de Bergama. Le 19 septembre, un attentat à la bombe ravage les locaux d’Eurogold...

Jack Testard jette l’éponge. Eurogold passe sous le contrôle de l’australien Normandie et Testard, écoeuré de « l’atmosphère d’opposition politique locale maximale », écrira-t-il dans son CV, quitte la Turquie, et rentre au bercail, au BRGM.

Les BretonNEs sont prévenuEs : Dans la « mine du futur » dont le président de Variscan se dit « porteur », une chose n’a pas changé comparé aux mines du passé : C’est le grand mépris des patrons de mines pour les populations locales...

Navigation

AgendaTous les événements

Publications Derniers articles publiés

Sites favoris Tous les sites

8 sites référencés dans ce secteur