Tribunal de St-Brieuc : Triskalia-Nutréa accusée d’empoisonnement Vidéo

, par  Forum citoyen22

L’exposition aux pesticides, la maltraitance des personnes et des animaux sont, en quelque sorte, inscrites dans le code génétique de « l’industrie » agricole, car sinon, comment pratiquer l’agriculture intensive ?
La morgue et l’outrecuidance des agro-industriels de Triskalia-Nutréa à l’égard de leurs salariés témoignent de l’impunité dont ils jouissent.

Non, contrairement à ce que la population est en droit d’attendre, ce n’est pas l’Etat qui assigne le géant de l’industrie agro-alimentaire pour empoisonnement d’humains et d’animaux et prendre des mesures pour lui interdire de continuer à nuire. L’État s’en lave les mains et regarde ailleurs.
Ce sont quatre anciens salariés de l’usine de Plouisy, Claude Le Guyader, Pascal Brigant, Stéphane Rouxel et Laurent Guillou, handicapés à vie par expositions massives aux pesticides sur leur lieu de travail, qui sont obligés de se battre contre Goliath.

Que les pesticides soient des poisons n’a jamais, semble-t-il, préoccupé les dirigeants de Nutréa, filiale de Triskalia, entreprise qui, comme l’écrivait le comité de soutien à ses victimes, pour optimiser ses profits et spéculer sur les cours des céréales, (utilise) impunément et massivement des pesticides y compris interdits comme le Nuvan total (Dichlorvos, neurotoxique interdit depuis 2007) pour traiter et conserver des céréales destinées à la fabrication d’aliment pour bétail au lieu de les ventiler mécaniquement et cela au mépris de la santé des salariés, des animaux à qui étaient destinés ces aliments et au final au mépris de la santé de tous les consommateurs !

Hypersensibilité aux produits chimiques multiples

Les quatre plaignants sont atteints d’hypersensibilité aux produits chimiques multiples (MCS) depuis 2009 et 2011 (2009, exposition à Nuvan total, pesticide interdit ; 2011, exposition à 30 fois plus que la dose de pesticides maximum admise, mais 14 autres salariés présenteraient des pathologies liées à l’empoisonnement par pesticide selon le médecin du travail.

Stéphane Rouxel et Laurent Guillou ont été licenciés comme des malpropres après avoir été déclarés médicalement inaptes à poursuivre leur contrat de travail. A l’instar de 60% de chômeurs, ils ne perçoivent plus d’allocation de chômage et vivent de l’ASS [1] (483,30 € par mois).

Depuis 4 ans, ils ont entamé un long marathon judiciaire : Cour d’appel de Rennes contre la MSA (Mutualité Sociale Agricole) qui refuse de reconnaître l’intoxication aux pesticides comme maladie professionnelle ; Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) de Saint Brieuc auquel ils demandent de fixer leur taux d’incapacité professionnelle permanente (IPP) et de reconnaître la faute inexcusable de l’employeur ; Tribunal des Prud’hommes de Lorient pour licenciement abusif ; Tribunal de Grande instance de Saint Brieuc pour mise en danger de la vie d’autrui.

Nous étions présentEs lors de l’audience du TASS, le 5 février.

Pour sa défense, Triskalia-Nutrea a argué que Triskalia ne pouvait pas être mise en cause parce que les pesticides avait été employé par Nutrea (Nutrea est la filiale de Triskalia et les locaux sont communs !). Second argument : il ne peut y avoir intoxication aux pesticides, parce que les seules expositions sont à la poussière...
Allons, contrairement à Monsanto, dans le cas de Paul François, ils n’ont pas osé prétendre qu’il s’agissait de maladie psychosomatique.
(Le délibéré a été renvoyé au 11 septembre.)

Voir en ligne : Suicide d’un salarié chez Triskalia

[1Allocation de Solidarité Spécifique

Navigation

AgendaTous les événements

Publications Derniers articles publiés